Folie, aller simple

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Folie aller simple, Journée ordinaire d’une infirmière
De Gisèle Pineau
Editions Philippe Rey

Présentation:

Infirmière en psychiatrie depuis l’âge de vingt ans, Gisèle Pineau raconte, avec sobriété et intensité, ce métier  » extraordinaire  » qui la tient  » en bordure de la norme, du normal « . Elle revient sur son parcours: l’arrivée en métropole, l’université, les petits boulots, les après-midi avec la vieille Lila. Et surtout, elle fait partager son quotidien à l’hôpital, cet apprentissage permanent et difficile auprès des malades – ces  » insensés  » que la société ne veut pas voir, isole, et aide de moins en moins. Gisèle Pineau décrit l’ordinaire, les rituels, les délires des uns, les dépressions des autres, la paranoïa sans limite, les trop nombreux suicides, le manque de places dans les services, les insultes… Mais aussi – cela arrive -, les moments de répits lumineux, quand le dialogue et le rire parviennent à s’immiscer. L’écriture de Gisèle Pineau, son  » délire à elle « , l’infirmière-écrivain, jalonne cet aller simple vers le monde de la folie, éclairant une face méconnue de l’humanité, une face aux contours flous et fascinants.



Mon avis:

J’ai craqué pour ce livre à la fnac, où je me suis mise carrément à lire des bribes de ce récit dans les rayons ainsi qu’à la caisse. Mais je voulais finir Hunger games avant! J’ai donc du attendre un petit moment!
J’ai déjà fait des stages en psychiatrie durant ma formation d’infirmière. Deux, obligatoires. Un en secteur fermé (hospitalisation, avec des patients hospitalisés d’office et des patients en H.D.T.: hospitalisation à la demande d’un tiers); et le second durant ma deuxième année en hôpital de jour (les patients viennent pour la journée, et rentrent chez eux le soir; la journée étant rythmée par les entretiens médicaux et les diverses activités proposées.) J’ai travaillé quelques jours en tant qu’aide soignante intérimaire en hôpital psychiatrique.
Je ne peux pas dire que la « psy » ce soit mon truc. C’est une spécialité très fatigante psychologiquement parlant. Je ne crois pas être très douée pour calmer les patients délirants, rassurer les patients déprimés…
Et pourtant, je travaille dans un hôpital qui soigne tout le monde, et il y a parfois des patients qui relèvent à la fois de la psychiatrie ET de la chirurgie. Les psychotiques ont aussi le droit de se casser la jambe (et viennent aussi en grand nombre après des tentatives de suicide)
Une étudiante m’a dit, pas plus tard qu’hier, après un soin auprès d’une patiente très très demandeuse, que je savais m’y prendre avec elle, et que j’arrivais à la rassurer et trouver les mots justes… (!) C’est peut-être vrai, je n’arrive pas encore à prendre du recul sur mes soins « psy »!

Mais, je vais parler maintenant du livre, au lieu d’étaler ma vie!!
J’ai beaucoup aimé le style de Gisèle Pineau, même si, à la longue, je trouve qu’il y a trop d’énumérations dans certains passages. Elle prend comme référence une de ses journées de travail où une de ses patientes se suicide. Cette journée sera un prétexte pour elle de revenir sur sa vie, son parcours, de la fac, où elle étudiait pour devenir professeur de Lettres avec les petits boulots, au concours d’infirmier psy qu’elle a tenté sans s’en rendre compte. Elle décrit sa formation, assez différente de celle que j’ai vécu ( il existait jusqu’en 1992 une formation différente pour devenir infirmière psychiatrique et une infirmière « générale »).
Elle raconte la psychiatrie, au temps de Pussin et la psychiatrie de maintenant dictée par l’argent et le nombre de lits disponibles, elle décrit la volonté du corps médical et paramédical, à soigner, à être présent auprès de ces patients si particuliers.
Elle explique les malades mentaux, et use d’images pour faire comprendre au lecteur lambda le pourquoi, le comment de ces pathologies. Elle se sert toujours de son expérience pour illustrer ses propos.
Je trouve que c’est un livre très intéressant, humainement et professionnellement.

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  1. C’est pour comparer la fiction et la réalité ?
    Sinon je viens aux nouvelles concernant le challenge Safari littéraire : toujours motivée ? Si tu ne sais pas quoi lire, n’hésite pas à regarder la liste mise à jour des romans déjà lus par les différents participants.

  2. Même dans tes lectures tu ne quittes pas ton milieu médical. C’est vrai que pour toi c’est une vraie vocation.
    Par contre je ne crois pas que je lirai ce livre malgré que ton résumé est très bien et donne envie de le lire mais ce n’est pas pour moi.

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